Bientôt 20 ans, j'avais attendu ce moment avec impatience depuis toute petite. Je m'imaginais comme les autres, étudiante, épanouie, la crise d'ado loin derrière, peut-être même quelqu'un à aimer...
Eh bien mon rêve s'effondre. Comme tous d'ailleurs. Chaque rêve de bonheur simple (exemple: celui qu'on les autres, tiens) est incompatible avec moi. A croire que quand ce certain "Dieu" m'a crée, il s'est dit: "Celle-là, je vais tout faire pour que l'envie de mourir ne la quitte jamais". Je ne me souviens pas d'avoir été heureuse d'être en vie, ne serais-ce qu'une minute. Alors quand on nous repètait "remerciez le ciel pour avoir reçu le cadeau de la vie", venant de moi, c'était un rire jaune. Je ne me souviens pas m'être sentie "à ma place" dans ce corps. Bien des gens en voudraient. Eh bien, je le leur laisse. Moi je n'en veux plus, je n'en ai jamais voulu.
Alors je vois les gens autour de moi s'épanouir, ils ont leurs petits malheurs, certes, mais pas un constant désir de mort qui les surplombe. Tous tentent de me conseiller, jusqu'à mon petit frère (ce qui est extrèmement humiliant pour moi, pourquoi lui à réussi là où j'ai échoué en si peu de temps?). Sauf que ce qui marche pour eux, ne marche malheureusement pas pour moi.Eux, ont des choses qui leur plaisent, des gens qui les aiment, tout cela avec une intensité relativement acceptable. Moi je n'aime pas, j'adore. Ca ne me plaît pas, ça me passionne. Ils n'ont donc pas à vivre avec des sentiments qui les dévorent petit-à-petit de l'intérieur.J'aimerai pouvoir juste apprécier les choses, ainsi qu'aimer et être aimé en retour. Mais Dieu a plutôt choisi de me rendre inapte à ces choses-là, et m'entourer de gens très doués dans les domaines où je suis incapable (à commencer par mon frère, histoire de bien me montrer que, de toute ma vie, personne ne m'aimera jamais comme on l'aime, lui. Cruelle comparaison entre nous deux).
J'aurais dû naître 5 ans plus tôt (médicalement) mais étrangement un certain Dieu à choisi de faire attendre, pour me faire arriver en 1990 et en plus faire venir mon frère la même année. Pourquoi? Dans de nombreux domaines, je me suis aperçue que si j'étais née en 1985, j'aurais été au bon endroit au bon moment, pas avec 5 ans de retard comme maintenant. Pleins de portes se sont fermées à moi. De plus, avec 5 ans d'écart entre mon frère et moi, nos deux mondes ne se seraient jamais rencontrés et s'aurait été le mieux pour tous les deux.
Alors pourquoi, pourquoi ce retard? Y a t-il une raison logique dont IL ne veut pas me faire part où est-ce du pur sadisme?Dieu est un connard. Si il nous fais vivre la merde pour nous forcer à le vénérer dans l'espérance d'une vie meilleure, alors ce n'est pas de l'amour mais de l'abus de pouvoir. J'étais croyante, enfant. Eh bien tout ça c'est des salades. Il y a d'ailleurs beaucoup de gens non-croyants qui sont très heureux.
Je pense que 20 ans, c'est le cap idéal pour mettre fin à sa vie. Ca ne sert à rien de faire durer un tel gâchis plus longtemps. Quand un bras à la gangrène, on le coupe. De toute façon, mon frère suffira largement à remplir le "vide" que je laissera. Lui, il n'est pas un looser.
C'est drôle, mais depuis le debut de la puberté j'étais sûre de mourir à 22 ans (le fait que ce soit en 2012 n'ayant strictement rien à voir dans cette croyance puisque je ne connaissait pas cette rumeur quand j'étais gosse). Alors dois-je attendre encore 2 ans pour voir comment ça va se passer tout en me débattant dans ma merde ou dois-je en finir tout de suite. Ce serais bête de faire encore plus de gâchis.On m'a déjà conseillé de refaire ma vie....eh bien c'est ce que j'ai tenté de faire, mais même en le voulant, j'ai échoué. Parallèlement, c'est mon frère qui y a réussi, alors que lui n'avait peut-être pas ce but précis en tête. Comment fait-il pour obtenir tout ce que je veux sans même le vouloir? Dieu est cruel, il pourrait me laisser respirer de temps-en-temps quand même, au lieu de m'assener des coups comme ça.J'adore mon frère, mais le voir (même de loin) ne peux m'empêcher de me comparer à lui, d'en souffrir et de vouloir disparaître pour toujours. Dieu est vraiment un connard.
On me dit que c'est de ma faute, sauf que là, il ne peux plus s'agir de faute puisqu'il s'agit de phénomènes déroulant du hasard (ou du destin) et en plus je me tues à faire des efforts. Qu'on me dise où est-ce que j'ai merdé par pitié, au lieu de me balancer "c'est vous qui vous créez tout ça". Je ne pense pas être responsable de ma date de naissance, ni même de la présence d'un frère qui charme tout le monde naturellement, même parmi mes plus proches amis.
Je donnerai tout ce que je peux donner pour être à sa place, complètement, et éradiquer cette chose qui me sert de vie, de corps, d'existence. Oui, 20 ans semble être le moment idéal pour faire ses adieux. Mais y arriverais-je? Même quand il s'agit de se tuer, je suis un looser. On trouve difficilement plus pitoyable.


Créer un blog


